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Couple mixte au Maroc, un colosse aux pieds d’argile ?

Aujourd’hui, le Maroc connait annuellement entre 3700 et 5000 demandes d’autorisation de mariage avec un étranger (chiffres arrêtés en 2014 par le ministère de la justice). A noter que les deux tiers de ces demandes proviennent de femmes.

Quand chacun des deux partenaires est déjà inscrit dans un cursus historico-politico-économique, comment ces couples mixtes se nourrissent de ce choc culturel et cette mixité ? Quelle est la base de leur réussite ? Comment surmontent-ils les préjugés et la pression de l’entourage ?

On est pour le mariage entre compatriotes :

Pour la femme, c’est souvent la définition de son rôle socioculturelle qui trace des limites dans ses choix. Il n’était pas évident d’affronter la famille et la société.

En ce qui concerne l’homme, celui-ci a besoin d’une femme marocaine. Elle est mieux placée pour s’aligner aux exigences culturelles, sociales et religieuses. En effet, certains voient leurs foyers « cogéré » par une femme qui saura combler son époux avec ses tagines de poulet aux citrons et aux olives, qui saura préparer une table ramadanesque aussi variée que celle des autres et qui finira par s’adapter aux susceptibilités familiales. Il est ici des arguments d’un homme qui souhaite vivre en harmonie presque parfaite.

Ceci m’amène à dédier une pensée particulière à ces femmes qui sont épuisées par le quotidien entre le travail, l’éducation d’un enfant ou deux… le tout couronné par un surmenage chronique, dupé par des cures de magnésium.

Du reste, selon une étude réalisée par le Haut Commissariat au Plan en 2011/2012, la répartition sexuée de la charge du travail au Maroc fonctionne toujours selon le schéma classique de "l’homme gagne-pain et de la femme au foyer". C'est ce qui ressort de l’Enquête nationale sur l’emploi du temps au Maroc. La charge de travail cumulant « temps de travail professionnel » et de « travail domestique » est de 6h21mn pour la femme et de 6h08mn pour les hommes. Sauf que l’homme consacre 4 fois plus de temps au travail professionnel et 7 fois moins de temps au travail domestique que la femme.

Une autre pensée à ces femmes qui n’ont pas pu réaliser leur rêve d’épouser un chéri dont les parents se positionnent bien dans la catégorie de « Tu épouseras une fille du patelin : elle est originaire de quelle ville déjà ? ». A défaut de pouvoir s’attarder sur la religion, il existe des familles hantées par « le hic à dénicher », puisque nous vivons toujours une espèce de « sous tutelle » familiale, même quand il s’agit d’une prise de décision intimement personnelle.

Heureusement que ce n’est pas général, le statut éducationnel de la femme l’a aidé à améliorer sa position, souvent grâce aux encouragements des parents qui préparent les conditions favorables à l’éducation et aident leurs filles à terminer leurs études en dehors du pays, initiatives desquelles résulte la liberté dans chaque prise de décision, et donc un épanouissement. A noter aussi que la pression familiale se caractérise par une pertinente légèreté si le couple amoureux ne résidait pas au Maroc.

On est pour le mariage mixte :

Parce qu’on y voit toute la beauté de vivre dans un univers de partage, de découverte et d’adaptabilité culturelle, voire de créativité et de découverte plurielle.

Ce qui est difficile ?

Incontestablement, la relation du couple mixte n’est pas à l’abri des préjugés et de la pression sociale au Maroc : Des amis les plus proches à la famille, la marocaine ou le marocain se doit de préparer tout un terrain qui lui révèle bien des surprises ! Entre les amis qui deviennent connaissances, la tante qui se montre choquée, et surtout, les parents à qui il faut présenter le sérieux et l’engagement du partenaire « étranger », le couple mixte risquerait de s’épuiser au début de son idylle.

Parce qu’il ne faut pas écarter l’aspect doublé des efforts déployés, par exemple, une jeune femme marocaine doit aussi bien préparer sa famille que se préparer elle-même pour les présentations avec la famille du futur conjoint, dont les parents sont médusés par l’idée d’une éventuelle union : elle est aussi une étrangère qui ne partage pas la même religion, et qui doit se montrer ouverte même pendant le traitement des sujets-clichés. On pensera forcément à la naissance d’un bébé, à son prénom, à son éducation, à son entourage en milieu scolaire et ce que la mixité de ses parents pourrait lui infliger comme jugements... Les obstacles ne cesseront de s'accentuer au fil du temps. Ah cet incroyable amour des parents qui ne cherchent pourtant que le bonheur de leurs enfants adultes !

On est d’accord que la situation actuelle est particulièrement sensible à cause de ce qui se passe dans le monde politique, la guerre des religions offre un argument très facile à ceux qui jugent de loin. D’autant plus que la personne arabe ou musulmane est aussi touchée par ces malaises.

Encore une fois, heureusement qu’il existe beaucoup de famille qui ont reçu la conjointe étrangère ou le conjoint étranger (arabe ou musulman) avec les bras ouverts. Comme il existe des familles marocaines qui ont accueilli un conjoint étranger sans passer par la moindre tension.

Conseil d’expert :

Il est bien plus simple de profiter de ces différences convergentes vers des valeurs communes. Aussi, le respect de la position de l’entourage est aussi nécessaire que le respect du choix du couple. Si le couple est assez soudé grâce à une communication structurée, et s’il soigne surtout l’équilibre entre les concessions faites de part et d’autre, sans pour autant perdre son identité, il se protègerait. 

 

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